Déjà la neuvième édition pour le salon Paris Manga, en ce week-end de février 2010 ! Une édition qui, bien que réussie, montre les limites de sa configuration actuelle. C’est donc l’occasion pour nous de dresser un bilan en attendant une refonte bienvenue de la convention.
Le public avait répondu en masse et il était difficile de se frayer un chemin à travers les étroites allées de l’espace Champerret. On pouvait croiser pêle-mêle des collégiens venus faire quelques emplettes pour les vacances à venir, des cosplayers dynamiques ou des collectionneurs à la recherche d’une pièce rare.
En effet, Paris Manga dédie une partie de son espace à l’univers des comics et de la science-fiction made in USA, offrant l’occasion aux fans de rencontrer de nombreux dessinateurs et comédiens. Pour cette édition, c’est le sympathique Corin Nemec (Parker Lewis ne perd jamais, Stargate SG-1) qui dédicaçait les produits apportés par les fans, contre espèces sonnantes et trébuchantes (méthode habituelle au pays de l’Oncle Sam). L’acteur a même pris la peine de répondre à quelques-unes de nos questions.
Pour tous les goûts
Le salon n’en oublie pas pour autant les amateurs de pop-culture nippone. Les activités incontournables de toute convention de japanimation (cosplay, karaoke, projections) agrémentaient la scène principale, mais ici ou là, on pouvait trouver des espaces jeux vidéo, du plus hardcore gamer (tournois de Street Fighter IV) au plus casual (démonstration de Rock Band The Beatles) ou encore un espace quiz oscillant entre nostalgie (génériques oldies) et découverte (questionnaire sur les drama). La palette des invités reflétait également cet éclectisme. De jeunes stars françaises comme Davy Mourier, Shônen ou Philippe Cardona, biberonnés aux manga, dédicaçaient leurs œuvres. Ces fiers représentants d’une génération élévée au Club Do’ ont même pu rencontrer leur idole puisque Dorothée elle-même était venue sur le salon. Le dessinateur surdoué Benjamin était également présent, sans oublier HITT, artiste visu qui a régalé ses fans avec un spectacle à sa (dé)mesure.
Le manga, c’est pas chinois
On ressort pourtant de Paris Manga avec un bilan mitigé. En premier lieu, la fréquentation du salon est devenue bien trop importante pour la superficie allouée. Malgré la cour centrale de l’espace Champerret déjà souvent noire de monde, on se marchait littéralement dessus dans certaines travées. Un changement de lieu est donc à espérer au plus vite pour de simples raisons de sécurité ; le public de convention étant particulièrement dynamique, une bousculade peut prendre des dimensions épiques. L'organisation envisagerait de déménager à la Porte de Versailles, une initiative qu'on souhaite voir couronnée de succès.
On parlait du dynamisme du public, celui de Paris Manga a prouvé le sien en recevant Jena Lee à grands coups de huées et de sifflets. La chanteuse emo-r'n'b dont le clip J’aimerais tellement est illustré par Benjamin avait eu des propos peu flatteurs envers les manga dans une interview parue peu avant, une position pas vraiment du goût des passionnés de pop-culture japonaise. Si l'on peut comprendre les raisons de cette révolte, on s’interroge toutefois devant la tournure et la proportions prises par les événements.
Il est certes temps de faire un point sur les festivals liés à la japanimation en croissance exponentielle actuellement, mais probablement aussi sur le public. Affaire à suivre… notamment à Japan Expo.







